Depuis des années, le marché automobile américain est dominé par les SUV et les camions. Mais maintenant, Détroit signale discrètement un changement potentiel : un retour aux berlines. Il ne s’agit pas d’un changement soudain d’avis, mais d’une réponse pragmatique à l’évolution de l’économie, à la hausse des prix des véhicules et à la prise de conscience qu’abandonner complètement le marché des berlines aurait pu être une erreur.
Le boom des SUV et ses conséquences
Au cours des deux dernières décennies, les constructeurs automobiles ont donné la priorité aux véhicules plus gros et offrant des marges bénéficiaires plus élevées. Les berlines ont été mises à l’écart, Ford ayant arrêté la production de berlines aux États-Unis en 2018 et GM mettant fin à la production de Chevrolet Malibu en 2024. Mais cette stratégie s’est accompagnée d’un compromis : abordabilité. Le prix moyen des voitures neuves dépasse désormais 50 000 dollars, ce qui pousse les constructeurs automobiles à proposer des options moins coûteuses.
Pourquoi Detroit n’a pas pu rivaliser… jusqu’à maintenant ?
Les constructeurs automobiles américains ont eu du mal à égaler l’efficacité de leurs concurrents comme Toyota, Honda et Hyundai, qui pouvaient construire des berlines à moindre coût. Le PDG de Ford, Jim Farley, a ouvertement admis que l’entreprise ne pouvait pas être compétitive de manière rentable. Mais le marché évolue et les constructeurs automobiles réévaluent.
Le retour de l’option abordable
Ford, GM et Stellantis explorent tous des moyens de réintroduire les berlines dans leurs gammes. Le président de GM, Mark Reuss, a exprimé le désir d’une berline hybride-électrique, tandis que Chrysler développe une voiture compacte à moins de 30 000 $. La clé est la rentabilité, quelque chose qui échappait auparavant à Détroit.
La stratégie mondiale
Les constructeurs automobiles étrangers ont soutenu leurs ventes de berlines aux États-Unis à l’échelle mondiale. Des modèles comme la Toyota Camry et la Honda Accord sont vendus dans le monde entier, répartissant ainsi les coûts de production. Détroit devra peut-être adopter cette stratégie pour lancer efficacement des berlines abordables.
L’effet “Passerelle”
Les analystes considèrent les berlines comme des « produits d’entrée » : des points d’entrée abordables pour les premiers acheteurs qui pourront ensuite passer à des camions et des SUV à marge plus élevée au sein de la même marque. À une époque de flambée des prix des véhicules, ce point d’entrée peut s’avérer crucial pour la fidélisation à long terme des clients.
Le retour aux berlines n’est pas motivé par la nostalgie mais par la nécessité du marché. Les constructeurs automobiles reconnaissent qu’exclure une partie importante des acheteurs potentiels en raison de l’abordabilité n’est pas durable. Reste à savoir si Détroit pourra rivaliser de manière rentable, mais le regain d’intérêt pour les berlines suggère que le pendule pourrait revenir en arrière.




















