72 kilomètres par heure. Ce n’est pas une faute de frappe. C’est la vitesse maximale du Mach One XP3, un prototype de skateboard électrique construit par la startup australienne Radium Performance. Ce n’est pas un jouet brillant pour les poussettes du week-end. C’est une machine qui a nécessité quatre années de développement pour aboutir. Le but ? Pour offrir une vitesse insensée aux coureurs qui se soucient réellement des chiffres.
Les spécifications sont agressives. Huit mille watts de puissance. De zéro à 48 kilomètres par heure en trois secondes fixes. C’est le territoire des supercars, uniquement sur roues. L’ingénierie s’inspire directement de la Formule 1. Vous obtenez un châssis creux en fibre de carbone directement lié au système de suspension. La batterie et tous les composants électroniques vivent à l’intérieur de cette cavité. Il maintient le poids bas et le centre de gravité uniforme.
Accéder aux tripes est étonnamment simple. Huit boulons maintiennent le pont au cadre. Retirez-les et vous pourrez échanger la batterie ou effectuer l’entretien sans couper les fils. Mais vous n’aurez probablement besoin de toucher à rien. Radium comprend une application mobile pour le réglage. Pourquoi risquer d’annuler les garanties ou de gâcher l’alignement alors que vous pouvez ajuster la vectorisation depuis votre téléphone ?
“Le premier système de vectorisation de couple au monde sur un skateboard électrique.”
Cette affirmation n’est pas du marketing. Il s’agit ici du saut technologique central. La plupart des skateboards électriques ont du mal à rester stables à grande vitesse. Le Mach One résout ce problème en distribuant le couple indépendamment à chaque roue. Cela permet des virages plus nets et une réactivité immédiate. Vous tournez plus fort, vous réagissez plus vite. Les moteurs sont reliés aux roues via des courroies en uréthane renforcées de fibres d’acier. Ils gèrent le couple sans casser sous la pression.
L’alimentation provient d’une batterie de 48 volts et 1 089 Wh. Cela vous donne environ 48 kilomètres d’autonomie. Pas assez pour un trajet à travers le pays, mais suffisamment pour une séance sérieuse. La charge atteint 90 % en deux heures. L’ensemble pèse 17 kilogrammes. Gérable, mais suffisamment lourd pour exiger le respect.
Les coûts de possession sont cependant élevés. Le prix de préinscription est de 5 298 dollars australiens. Cela représente un peu moins de 3 000 euros. Mais cette offre est plafonnée aux 100 premières commandes. Si vous manquez le seuil, le prix augmentera probablement. Il s’agit d’un investissement dans du matériel qui repousse les limites récréatives standard.
Vérifiez cependant la réalité juridique. Vous ne pouvez pas rouler avec ce véhicule sur la voie publique en France. Ou la majeure partie de l’Europe. La réglementation limite les appareils de mobilité personnelle à 25 kilomètres par heure. Cette bête serait illégale et légale partout dans l’UE sans modification. Il a sa place sur des pistes privées, des parcours fermés ou dans un endroit sans limite de vitesse et sans police.
Pourquoi construire un skateboard qui va deux fois plus vite que la limite légale ? Parce que l’ingénierie ne s’incline pas toujours devant la bureaucratie. Radium prouve que la mobilité électrique peut être passionnante, pas seulement pratique. La technologie de vecteur de couple à elle seule pourrait se répercuter sur d’autres véhicules. Meilleure manipulation. Des coins plus sûrs. Le reste n’est que vitesse.
C’est pour qui ? Les personnes qui veulent plus qu’un simple outil de déplacement. Il s’adresse aux passionnés prêts à payer un supplément pour la fibre de carbone et le contrôle indépendant des roues. Le prix reflète la technologie, pas seulement les matériaux.
Le marché des skateboards électriques hautes performances est un marché de niche. Très niche. Mais l’écart entre « amusant » et




















